Le Dôme Festival, multiplier les marges de l'art contemporain.

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En 2018, fort de ses trois dernières années d'expérience, le Dôme Festival proposa à son public une version largement remaniée de son rdv annuel dédié aux arts actuels et contemporains, en conservant toujours l'écrin double de présentation des travaux artistiques en la Demeure des Deux-Îles à Montbazon et au sein du splendide Domaine de Candé à Monts.

Cette année encore, pas moins d'une quinzaine d'artistes étaient à la fois présents et présentés durant les deux jours de festival - là où les précédentes éditions proposaient une programmation sur un peu moins d'une semaine - affichant une nouvelle fois, avec une insistance payante et profitable, une diversité sélective et à la fois représentative des pratiques artistiques d'une génération émergente de créateurs tournés principalement vers l'interrogation des effets de l'image, du son et du corps en mouvement dans l'espace. Ce questionnement, dont d'aucun se serait passé d'y répondre par la définitive, n'a pas manqué d'illustrer la fertilité croissante du croisement des pratiques et des mediums que la création porte au jour au sortir des écoles et aux premières lueurs des carrières artistiques naissantes.

Mis à l'honneur en intégrant le Dômaine de Candé, au côté de son château (pas de La Loire comme on dit), niché dans ses jardins emplis d'oeuvres aussi surprenantes qu'inattendues au milieu de ce palais végétal grandiose, Ascidiacea aida au débarquement du premier spécimen sculptural de la série CAUSME : Audile.

Audile est une chimère sonore à l'identité trouble, l'émissaire-éclaireure d'une suite de trois autres arrivées prévues d'ici à l'an 2020. Dotée d'un voix s'articulant à l'interface des langages technologiques et naturels du son, elle utilise son corps sculptural pour nous murmurer à l'oreille le présage d'une nouvelle façon d'écouter le monde. Elle traverse l'espace et le temps et se recompose en chaque endroit au gré des éléments qui l'entourent et en transporte le message : celui des êtres inaudibles et inouïs que l'on cachait dans l'ombre de l'ineffable ou de l'invisible. Au coeur de la catastrophe sonore qui sévit tout autour de nous, Audile s'enracine dans l'entente d'un lieu, y prend corps et s'en fait l'écho. Construite par la résonance entre la matière concrète de éléments physiques naturels avec celle, abstraite, de leur énergie électronique qui irrigue le circuit numérique de son corps en vibration, Audile intègre son nouveau monde en y inscrivant sa litanie sonore perpétuelle. Dans une infinie circonvolution du son, Audile, par sa présence, donne au monde un nouveau volume et lui prête sa voix pour faire parler ce qui était muet jusque-là.

Témoignage de notre accueil à son encontre, voici quelques photos de son installation au sein du parc extérieur du Domaine de Candé.

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Un grand merci aux responsables politiques de la région Centre-Val de Loire et du département Indre-et-Loire et notamment au président du conseil départemental M. Jean-Gérard Paummier pour la création du Parcours Act(e)s sans qui cette sculpture n'aurait pas pu voir le jour, aux équipes du Domaine de Candé, et notamment à Delphine Maurin, Fabien et Harmonie pour leur aide et leur accueil, à Anne-Laure Chamboissier ainsi qu'à Sophie Coulon pour leur accompagnement en vue de nos futurs projets. Merci également à l'ensemble de l'équipe d'accueil et de production du Dôme Festival à qui nous dédions ce travail et envers qui nous sommes des plus reconnaissants pour leurs efforts afin maintenir et soutenir un espace d'expression libre mettant à l'honneur l'expérimentalisme dans un esprit de famille aussi sensible et sensé, années après années.

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Et pour sentir par les oreilles le résultat de cette rencontre Causmique, voici un extrait enregistré en binaural, à écouter au casque !

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